Humeur

Humeur : Être freelance aujourd’hui

Aujourd’hui, je vois de plus en plus de personnes se lancer en freelance. Beaucoup par envie de travailler pour “soi”. Mais être free-lance aujourd’hui, est-ce vraiment un choix ? À mon compte depuis un an, je m’aventure sur la question de ce statut et les raisons qui nous poussent à passer le cap.

Être freelance, une envie ou une obligation ?

Il y a plusieurs mois, on m’a partagé un article le futur du travail : tout se joue aujourd’hui, en on donc suivi des réflexions très intéressantes sur le statut de freelance.

Depuis septembre 2018, je suis pleinement en freelance. Je ne cherche plus de boulot en CDI ou même en CDD. Non pas que j’ai envie d’être mon propre patron, j’aime surtout la diversité des missions que je réalise. Photographe et Community Manager, je créer du contenus pour différentes marques : images, textes… Et accompagne des entreprises ou des personnes dans leur stratégie social media. Comme ça, je peux travailler sur plusieurs fronts, avec souvent beaucoup de confiance et de liberté de la part de mes clients. Et surtout, je peux travailler de partout ! (Comprendre : “et surement pas dans un bureau”).

Avouons-le, oui le côté instable de la chose m’a toujours beaucoup angoissé : “Et si je ne trouvais rien, et si je me vendais mal, et si…”. J’ai trop longtemps laissé trainer ce désir de me lancer pleinement, recherchant absolument à travailler en entreprise sachant inconsciemment que quelque chose clochait.

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Depuis que j’ai accepté de laisser mes peurs de côté, ou plutôt de ne pas me laisser guider par ma peur de l’échec, la liberté et la variété que m’apportent le fait de travailler en free lance me permet de continuer d’avancer et d’y croire.

Tout d’abord parce que c’est un rythme qui me correspond : je travaille à ma manière, aux horaires où je suis la plus efficace, dans un environnement plus sain puisque j’y suis bien. (Vais-je avouer les journées culotte ? Haha) Bref, je travaille mieux.

Mais, pourquoi ai-je finalement fais le choix de me lancer à mon compte ?

Freelance : pourquoi passer le cap ?

La réponse la création de mon entreprise en simple : la variété des missions.

À chaque fois que j’ai travaillé en entreprise, j’étais cantonné à un rôle “unique”. J’ai l’impression qu’une fois qu’on te colle dans un poste, tu ne peux évoluer que dans celui-ci et durant des mois et des mois (des années ?) tes missions seront similaires. C’est ce qui m’a fait peur : être glissée dans une case unique et réduite à une mono-tâche. Bien sûr, les PME sont beaucoup plus multi-tâches et un profil doit devenir couteau-suisse pour répondre à leur besoin : un personnel réduit mais efficace.

Je ne pense pas avoir un profil hors norme, mais j’ai besoin de varier les boulots dans une même journée : photographie, réseaux sociaux, écriture, DIY, … Me nourrir de découverte et exprimer ce besoin de créativité.

La gestion de mon planning me permet de pouvoir faire tout ça. En une même semaine, j’assure différentes casquettes et me sens plus épanouie.

Se sentirait-on mieux au travail si les entreprises prenaient en compte ce facteur ? Si on pouvait passer d’un poste à l’autre (je ne parle pas de postes pour lesquels nous n’avons pas de compétence mais bien de travail qui entre dans nos cordes et qui nous plait) ? Sûrement. Mais dans notre société, les multi-profils sont souvent vus comme excentrique, non stable et donc dévalorisés.

Ce n’est pas rassurant d’avoir d’avoir une personne qui sait faire plusieurs choses. Car si tu sais tout faire, tu ne sais rien faire de “vraiment bien”.

Autre problème du travail en entreprise : la volonté de vouloir que ses employés soient toujours au bureau…

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Freelance : Les joies du télétravail

Je peux vous parler des études qui annoncent que le télétravail est bénéfique, on est plus productif en travaillant de chez soi. Mais je ne connais pas véridicité de ces propos, alors je ne vais pas m’étendre dessus. Il y a des personnes qui ont besoin d’un vrai cadre de travail pour avancer (bureau, espace dédié, …) et d’autre qui, au contraire, ne travaille bien que dans un environnement moins stricte.

Par exemple, j’ai beaucoup de mal à travailler dans un endroit où tout le monde travaille (bureau, espace de coworking, …). J’ai l’impression d’être plus facilement sous pression quand je suis entourée de travailleurs. Comme si j’allais toujours finir ma journée trop tôt, ou ne pas en faire assez.

En quoi est-ce normal de mettre la pression à des personnes parce qu’elles font leur travail ? (On a peur quand que sans ça, elles se laissent aller ?).
Réponse simple : ça ne l’est pas. C’est même néfaste et contre productif.

J’en reviens à mes moutons, le télétravail. Ça a été une délivrance de travailler de chez moi. J’adapte mes semaines en fonction du travail qui tombe. Je ne me tourne plus les pouces quand arrive les périodes creuses (celles juste après les gros rush) à fixer mon écran sans âme.

Nous n’avons pas tous le même rythme de travail, alors pourquoi en imposer un absolument ? Là encore c’est une question de confiance. Si on ne voit pas quelqu’un travailler c’est qu’il ne travaille pas. Je trouve ça bête. En freelance, tes clients partent du principe que tu travailles pour vivre, sinon pas de salaire et c’est la misère. C’est quand même plus simple non ?

L’avantage du télétravail est aussi de pouvoir travailler de… partout ! Tant qu’il y a une connexion Wifi c’est parti. Cela m’a permis de partir en Espagne, en Inde, en Italie et un peu partout en France sans poser de congés. Là encore tout est une question d’organisation de son temps de travail pour pouvoir en profiter 😉

Se lancer à son compte pour être “le patron” ?

Cet argument revient souvent dans le discours de ceux qui se lancent ou souhaitent se lancer : “Je veux travailler pour moi”.

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Je trouve cet argument assez faussé, sauf si on monte une entreprise avec plusieurs personnes. Mais quand on travaille seul, la relation client reste similaire à une relation patronale, tu vas travailler pour ton client, comme pour un patron.

Pour moi, le patron n’est pas “le grand méchant loup”. Mon désir de travailler à mon compte ne vient pas de l’envie d’être mon propre patron. Ça inclus la réflexion “ça veut dire être le boss ?” : un jeu de pouvoir ? Juste pouvoir dire “C’est moi qui commande” ?

Je ne comprends pas cette idée, on doit travailler pour se faire grandir les uns les autres (moment utopique Bisounours enclenché !) et non pour reproduire une sorte de schéma malsain de : j’en en chié alors à ton tour.

L’amalgame est souvent fait. Freelance ne veut pas dire sans contraintes : on dépend toujours de quelqu’un : Clients, investisseurs, fournisseurs, … On choisit juste comment et avec qui on souhaite travailler. Et c’est déjà pas mal non ?

Free-lance, le nouvel El Dorado ?

Accepter d’être freelance a vraiment bouleverser ma vie. Je me sens beaucoup mieux au travail, puisque j’y inclus à présent la notion de “plaisir” qui me manquait jusque là. Mais comme tout statut, il a aussi ses inconvénient : travailler seul ne va pas à tout le monde ! (C’est pour cela que les espaces de coworking se développent.) Mais surtout accepter l’instabilité : les contrats vont et viennent, un très bon mois peut être suivi d’un très mauvais mois…

Et même avec un an de recul, j’ai du mal à me faire à ces montagnes russes financières. La gestion de la trésorerie est un vrai travail : bien vérifier que tout le monde est passé à la caisse en temps et en heure … Mais c’est surtout la peur ne rien avoir demain qui m’envahit chaque mois plus creux… Avantage, inconvénient ! Malgré ce gros point noir, je crois que j’aurai du mal à revenir sur un schéma de travail plus classique. Sauf si une entreprise accepte les électrons libres.

Qu’en pensez-vous ? Pour vous le freelance aujourd’hui c’est que du bonheur ou une situation envisageable ?

Je pense que d’autres articles viendront sur le sujet, si il vous intéresse. À très vite les coquelicots ! 🙂

Article écrit par Virginie
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3 Comments

  1. Agathe

    28/05/2019 at 10 h 25 min

    Super article, sur le bon ton je trouve et qui colle à la fois avec l’actualité et mon mood du moment ! Je suis intermittente du spectacle (un peu plus confortable que micro-entrepreneur) mais ce n’est pas un choix non plus… 3 ans que je cherche un poste dans lequel m’épanouir en tant que journaliste et que je ne trouve pas. Difficile déjà de définir ce que l’on veut au plus profond de soi… Un travail sur lequel je me penche… ! Je me donne l’été 🙂
    Votre blog est toujours aussi inspirant et vous abordez des super thèmes je trouve. Même si vous aimeriez écrire plus, je trouve ça génial !

  2. Ornella

    29/05/2019 at 10 h 46 min

    Je pense qu’il y a des contraintes dans tous les types de contrats, en revanche, moi aussi j’aime l’idée d’être Freelance, ou d’être auto-entrepreneur du moins. J’ai besoin de me nourrir de 2000 chemins possibles. Même dans mes métiers artistiques, on ne vit pas pour faire tout le temps la même chose, mais pour se griser des instants.

  3. Dexy

    29/05/2019 at 15 h 18 min

    Coucou Virginie !
    Ton article est vraiment intéressant, je pense que se lancer en freelance dépend principalement du caractère de la personne 🙂
    Pour ma part, j’aime prendre des risques et j’ai en plus de mon activité salarié, un statut de freelance qui me permet de travailler de temps en temps pour des clients 🙂

    Des bisous ♡

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